Isabelle Doumenc

Les biberons aux Bisphénols A, S ou F, tous perturbants !

Biberon en verre : ne prenez rien d'autre pour votre bébé. tous les biberons en plastiques contiennent des substances nocives pour leur santé future. Isabelle Doumenc naturopathe.

Seuls les biberons au bisphénol A sont dangereux pour mon bébé ? Vrai ou faux ? Faites le tri sur les idées reçues sur les PERTURBATEURS ENDOCRINIENS. Naturopathe spécialisée dans les polluants, je vous aide à y voir plus clair concernant les risques vis à vis des perturbateurs endocriniens qui ont de graves répercussions sur notre santé et sur celle des générations à venir.

J’ai eu la chance d’assister à la présentation des dernières études scientifiques  sur ce sujet à Paris les 21 et 22 janvier 2016.  Ces scientifiques étaient réunis pour un colloque international sur les risques de perturbateurs endocriniens, à l’initiative de l’Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire, l’ANSES. Faisons le point sur les nouvelles avancées scientifiques en 5 idées reçues pour vous aider à vous protéger, au mieux, dans votre quotidien.

Seuls les biberons en bisphénol A sont dangereux pour mon bébé ?

Faux ! Les bisphénols de remplacements sont au moins aussi dangereux que le bisphénol A. Le peu d’études existantes sur les bisphénols F, AF et S, utilisés en remplacement du Bisphénol A (BPA) montrent que ces substituts ont des effets au moins égaux voire supérieurs au BPA. René Habert, professeur à l’université Paris Diderot et toxicologue de la reproduction, en a fait la démonstration lors du colloque parisien avec un questionnement à la clé. Il existe 89 études sur les bisphénols de substitution contre 9663 pour le bisphénol A, faudra t-il attendre d’avoir autant de publications que sur le bisphénol A pour interdire ces autres bisphénols ? Les chercheurs suggèrent de le faire immédiatement, «  dans la mesure ou ces bisphénols ont une structure moléculaire similaire, il n’y a aucune raison d’en autoriser certains et pas d’autres ».

Prenez uniquement des biberons en verre et bannissez tous les biberons en plastique même s’ils portent la mention sans BPA. Ils sont fabriqués avec des plastiques en polysulfone ou en polyesthersulfone qui contiennent ces bisphénols de substitutions S ou F ou les deux.

Rappel : Le bisphénol A est interdit en France de toutes les boites et bouteilles à usage alimentaire depuis janvier 2015. La France a contribué à interdire son utilisation dans les biberons au niveau européen depuis 2011.
Les risques montrés scientifiquement : troubles de la fertilité humaine, cancers hormonaux-dépendants et voir le § suivant sur le diabète .

Les dangers du Bisphénol A concernent uniquement la fertilité humaine et les risques de cancer du sein ?

Faux ! Accusés depuis longtemps de diminuer la fertilité humaine en agissant notamment la production de testostérone pendant la gestation, ou de favoriser les cancers du sein en favorisant la mutation de la glande mammaire , les bisphénols A  (BPA) sont de plus en plus soupçonnés d’avoir d’autres effets nocifs comme de favoriser le diabète. Avec des confirmations chez l’homme, «  d’un certain nombre d’effets qui étaient prouvés expérimentalement chez l’animal », expliquait Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l’ANSES, lors du colloque.

Concernant le diabète, il n’est pas possible aujourd’hui d’expliquer sa flambée uniquement avec les facteurs favorisant déjà connus comme la sédentarité, la suralimentation ou l’avancée en âge.
« L’augmentation de la prévalence du diabète suit dans les dernières décennies, exactement l’évolution de la production industrielle mondiale de produits chimiques », indique Patrick Fénichel, chercheur à l’INSERM. Dans le cadre de l’étude D.E.S.I.R portant sur la recherche de facteurs à l’insulino résistance, une sous-cohorte de 755 participants en France, âgés de 30 à 65 ans a été suivie pendant 9 ans, incluant 200 cas de diabète de type 2 (non insulino dépendant) et des centaines d’autres cas de personnes en bonne santé. L’analyse de l’exposition au BPA à travers des relevés d’urine a montré une corrélation entre une plus grande exposition au BPA et une augmentation du poids des patients et du développement d’un diabète de type 2. Même constat dans une étude américaine portant sur des infirmières. Celles ayant développé un diabète de type II avec l’âge, avaient un taux de bisphénol A plus élevé dans leurs urines, 15 ans avant l’apparition de la maladie.

Les intolérances alimentaires seraient (aussi) causées par les perturbateurs endocriniens.

Vrai ! Le Bisphénol A a un impact sur le système immunitaire intestinal, comme l’a démontré une étude de l’unité Toxalim (unité de toxicologie alimentaire) de l’INRA en France en 2014. L’exposition périnatale à faibles doses de BPA peut augmenter le risque d’ intolérances alimentaires à l’âge adulte. Cette étude a été faite sur des souris.
Un 1er groupe a reçu une dose de BPA, depuis la gestation jusqu’au sevrage des nouveaux-nés à 21 jours, l’autre groupe n’en a pas reçu. A 45 jours, l’âge adulte pour ces animaux, tous ont été nourris avec une protéine du blanc d’œuf, qui ne figurait pas auparavant dans leur régime alimentaire.

Le groupe ayant reçu du BPA a montré un défaut de fabrication d’éléments protecteurs des cellules intestinales et une augmentation de cellules inflammatoires. Face à des aliments tout à fait normaux, ces lésions entrainent des réactions d’ intolérance alimentaire et d’ inflammation du colon. Le groupe sans BPA n’a eu aucune réaction. A noter : les réactions les plus fortes ont été remarquées à la dose la plus faible, celle considérée sans risque pour l’homme par l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne.

Face à la recrudescence des intolérances alimentaires et à leurs conséquences (voir onglet SE SOIGNER AUTREMENT du site pour en savoir plus),  apprenez à évincer au maximum ces perturbateurs endocriniens de votre quotidien.

Ou sont les bisphénols ? Pour rappel les bisphénols (A et ceux de substitution, F, S, AF) sont utilisés dans des plastiques de contenants alimentaires (boites type tupperware), bouilloires, biberons, vaisselles en plastique pour enfants, ainsi que l’ intérieur des boites de conserves, canettes de boissons etc… le bisphénol migre à la chaleur et dans le gras.

Le bisphénol A est le seul perturbateur endocrinien dangereux pour ma santé.

Faux ! C’est l’un des plus nocifs car le plus couramment utilisé, mais malheureusement loin d’être le seul.

Danger pour la santé : les perturbateurs endocriniens

Où se cachent les perturbateurs endocriniens ?
Bisphénol A dans les plastiques : bouilloires, boîtes alimentaires, film alimentaire, revêtement intérieur des cannettes.
Phtalates : jouets, parfums, vernis à ongles, tubulures plastiques en hôpitaux, tableaux de bord des voitures, valises en plastique.
Parabens, BHA, benzophénone, siloxane, alkyphénols, triclosan dans les cosmétiques : crèmes, gels douches, shampooings, maquillage, dentifrices, gels pour se laver les mains, rouges à lèvres.
PFOA, SFPO, PFC, des composés qui repoussent l’eau et les graisses. On les trouve dans les canapés, moquettes traitées anti-taches, textiles imperméabilisés, poêles antiadhésives, emballages de fast-foods, de pizzas, de boissons.
PDBE : retardateurs de flamme bromés, dans les rembourrages des meubles en tissus, rideaux, canapés, mousses, peluches, et dans le plastique dur des télévisions et ordinateurs.
Pesticides : certains pesticides de l’alimentation se comportent comme des perturbateurs endocriniens. On les trouve dans tous les aliments s’ils ne sont pas bio.
PCB : dans les poissons, la viande, les produits laitiers. Issus des pyralènes, matériaux utilisés dans des transformateurs électriques dans les années 1980. Interdits depuis, ils persistent dans l’environnement et finissent dans la chaîne alimentaire par la pollution des terres et de l’eau.
Métaux lourds comme le méthylmercure : poissons à chair grasse.

Les lois nous protègent-elles de ces polluants ? 

Vrai et faux ! La France a permis l’interdiction de certains de ces polluants mais il en reste énormément et l’Europe peine à rendre une décision. La tache est loin d’être simple entre le jeu des lobbys – tous les domaines de l’économie sont concernés – et la difficulté scientifique. Ces polluants ne peuvent pas être analysés au regard des règles actuellement en vigueur puisque ce n’est pas leur dose qui fait leur danger mais la période d’exposition (grossesse, croissance du jeune enfant, puberté). L’effet cocktail démontré en septembre 2015 par une équipe française du CNRS de Montpellier montre aussi les limites du système actuel pour établir une liste précise des molécules à interdire. En résumé, les lois ne nous protègeront jamais suffisamment. Seule solution, prenez vous en main en leur faisant la chasse dans votre quotidien.

Suivez mon guide : « Perturbateurs endocriniens, une bombe à retardement pour nos enfants ». Larousse, mars 2017.

Isabelle Doumenc, naturopathe à Issy Les Moulineaux, autres ouvrages parus :
« Le réflexe médicaments, c’est fini !« , Jouvence 2016.
« Les dérèglements de la Thyroïde c’est fini !« , Jouvence  2017.

« Stimulez sa fertilité, c’est parti !« , Jouvence 2019