Isabelle Doumenc

Perturbateurs endocriniens, Europe et attitude individuelle.

La Commission Européenne n’a pas réussi à faire voter son texte présentant une définition des perturbateurs endocriniens, le 21 décembre 2016. Rebelote fin février 2017. Soulagement  ? oui car le texte faisait trop de concessions aux lobbys industriels.  Peut-on influer sur la commission Européenne pour qu’elle mette  en œuvre une réelle protection des citoyens ?  Oui en maintenant la pression ! Michèle Rivasi, au nom du groupe des députés européens Europe Écologie les Verts, a salué  les Etats et les ONG qui luttent pour protéger la santé de tous.

Pourtant le consensus scientifique et médical sur les dangers pour la santé des perturbateurs endocriniens est international :

  • Nous donnons naissance à des bébés prépollués, selon le terme employé par  l’Institut National  du Cancer américain en septembre 2015.
  • Les conséquences pour la santé ? « Les fausses couches et pertes foetales, les troubles de la croissance foetale, le faible poids à la naissance, les malformations congénitales, les atteintes des fonctions cognitives et du neurodéveloppement, les cancers de l’appareil reproducteur, la baisse de la qualité du sperme, les comportements de type troubles du déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH), l’agressivité et l’hyperactivité chez l’enfant », selon la Fédération Internationale de Gynécologie Obstétrique (FIGO)  en octobre 2015.
  • Les perturbateurs endocriniens « contribuent à la recrudescence des maladies chroniques, dont l’obésité, le diabète, les troubles de la reproduction, les problèmes thyroïdiens, les cancers, les troubles hormonaux dépendants et neuro développementaux ». Point de vue de  l’Endocrine Societysociété savante internationale qui rassemble 18000 chercheurs et cliniciens spécialisés dans l’étude du système hormonal, basé sur l’analyse de la masse de nouvelles données publiées depuis leur premier rapport de 2009. Ils précisent qu’il  « n’existe plus de doutes (…) »,  sur ces conséquences médicales des perturbateurs endocriniens.

Les français font surtout confiance aux scientifiques, aux ONG et aux lanceurs d’alerte !

La pollution émerge comme sujet préoccupant quand on  interroge les français sur leurs inquiétudes concernant la santé et l’environnement, selon une enquête Harris réalisée en octobre 2015.*

Les sujets à traiter en priorité : pollution de l’eau (84%), sécurité alimentaire (84%), pesticides (79%).
Plus de 9 français sur 10 pensent que certains pesticides (95%) troublent le système hormonal. Spontanément les Français associent perturbateurs endocriniens aux hormones, cancer, pollution et stérilité.

Une majorité des français serait favorable à l’interdiction des perturbateurs endocriniens avérés. Mais en matière de santé et d’environnement, les gouvernements n’ont pas la côte ! Les français font surtout confiance aux scientifiques (84%), aux ONG (70%) et aux lanceurs d’alerte (69%) pour agir dans le bon sens !

Des polluants qui ont envahi notre quotidien  

Les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques  sont partout : dans nos crèmes pour le corps, dans le dentifrice de nos enfants, dans notre assiette cachés dans les légumes, les viandes, les poissons, les céréales. Sur nous, dans nos vêtements, dans l’air qu’on respire, dans l’eau qu’on boit.

Leur mode de contamination pour l’homme est varié : ingestion, inhalation, absorption cutanée, cordon ombilical in utéro…

Bref une pollution invisible qui dérègle notre système hormonal au moment ou celui ci a le plus besoin de minutie : la conception et la vie intra utérine.
Une pollution qui dérègle aussi ce même système au moment ou les cellules en développement démultiplient ses actions : la croissance du jeune enfant.

 

Peut-on s’en protéger ?

C’est l’objectif de mon livre « Perturbateurs endocriniens, une bombe à retardement pour nos enfants », Larousse, 2017. Tant que les législations n’interdiront pas ces polluants, il faut savoir s’en protéger, dès le projet de conception, pour les 2 parents, puis ensuite, appliquer les bons réflexes, pour soi et ses enfants tout au long de sa vie. Le livre vous guide, pas à pas, dans votre quotidien. Salle de bains, cuisine, air intérieur, chambre des enfants, décoration, textile, matériel pour bébé, etc.  Où sont cachées ces molécules invisibles ? Comment les éviter au maximum ? Par quoi les remplacer ? Les labels bio sont-ils tous protecteurs ? Peut-on aider notre corps à éliminer certains de ces polluants ?

Je vous propose des solutions faciles et accessibles, notamment des idées pour rééquilibrer vos budgets – en économisant côté cosmétiques et matériel pour bébé par exemple – pour vous permettre d’acheter de l’alimentation bio, seul moyen de se préserver des pesticides dont certains sont des perturbateurs endocriniens.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur le contenu du livre, voyez le détail ci dessous ou lisez ce papier .

Le Réseau Environnement Santé, RES, association qui alerte depuis des années sur les problèmes de pollution pour la santé et a déjà permis des décisions d’interdiction, lance une pétition, à signer ICI.

 

Isabelle Doumenc, naturopathe à Issy les Moulineaux
Autres livres déjà parus  :
« Le réflexe médicaments, c’est fini! « , Jouvence 2016.
«  Les dérèglements de la Thyroïde, c’est fini », Jouvence, 2017.

*Enquête Harris interactive du 27 octobre 2015 réalisée sur un échantillon de 1014 personnes.