Isabelle Doumenc

Cosmétiques aux perturbateurs endocriniens, quelles alternatives ?

Perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques, lesquels changer ?

Jusqu’à 4 perturbateurs endocriniens dans une lotion pour la peau pour ados : c’est le résultat de la dernière analyse de produits de la revue QUE CHOISIR. Cette lotion (l’eau précieuse) est très en vogue chez les ados alors que la puberté est une période où les perturbateurs endocriniens peuvent vraiment causer des dommages pour leur santé future ! Au total, plusieurs centaines de produits de salle de bain sont épinglés dans cette nouvelle étude de QUE CHOISIR. Ils contiennent des perturbateurs endocriniens, des molécules allergisantes ou cancérigènes, ou parfois un mix de tout ca. Le journal nous livre aussi un droit de suite sur les produits déjà testés par le passé. Peu  de marques ont fait évoluer leurs produits. Tant que les fabricants n’y sont pas obligés par la loi, ils changent rarement leur composition. La pollution des perturbateurs endocriniens étant invisible, les consommateurs non informés ne rejettent pas les produits. En revanche quand une crème provoque des allergies, la réaction du consommateur et des dermatologues oblige les fabricants à des évolutions. Exemple avec le MIT (méthylisothiazolinone) utilisé comme conservateur en remplacement de parabènes (perturbateurs endocriniens), soupçonné de provoquer irritations et eczémas. Depuis juillet 2015, il est  interdit dans les crèmes pour le corps qui ne se rincent pas.
Les jeunes enfants, les adolescent(e)s et les femmes enceintes doivent éviter au maximum les produits contenant des perturbateurs endocriniens. Ces molécules en perturbant le système hormonal, provoquent des modifications cellulaires qui pourraient donner lieu, plus tard dans leur vie ou dans celle de leurs enfants, à des cancers, des diabètes, de l’obésité ou des troubles de la reproduction.

Quels produits éviter en priorité ?

Les produits non rincés, qui restent sur la peau : crèmes pour le visage ou le corps, maquillages, rouge à lèvre, sticks nourrissants pour les lèvres, crèmes anti vergetures, lingettes démaquillantes, lingettes pour bébés.
Ne soyez pas nomades dans vos achats en multipliant les crèmes, et les marques différentes. Ne vous laissez pas avoir par le marketing pour acheter sans arrêt de nouveaux produits plus ceci ou plus cela. Lisez les étiquettes de ce que vous avez l’habitude de prendre, et quand vous repérez un ou plusieurs ingrédients suspects, changez de produit pour le futur.

Comment repérer les ingrédients nocifs ?

  • Une petite liste de substances à éviter est fournie sur le site de la revue Que Choisir.
  • L’application smartphone gratuite NOTÉO vous permet de scanner le code barre de vos cosmétiques et si vous regardez la note santé, vous verrez si des ingrédients indésirables y figurent. Bémol : la société a mis la clé sous la porte faute de financement – les entreprises n’ont pas suivi, quelle surprise ! – seules les références déjà scannées sont disponibles et ne seront pas mises à jour.
  • Pour en savoir plus, téléchargez des guides : Cosmétiques Femmes enceintes de l’association WECF, ICI. et le guide de l’ASEF du bio- bébés, ICI.

Quels produits choisir ?

La simplicité sera votre meilleure alliée pour votre santé et pour votre budget :

  • Huiles végétales bio pour nourrir et hydrater la peau : huile végétale de jojoba, macadamia ou noisette pour les peaux grasses, l’huile végétale de rose musquée pour soutenir l’élasticité de la peau, etc. Voyez les conseils de Julien Kaibeck dans un livre sur les huiles végétales ou via les vidéos de conseils sur son blog, ICI.
  • Eaux florales bio pour se démaquiller. Eau florale de rose de Damas, de lavande fine.
  • Si vous tenez à garder des crèmes de jour ou du maquillage, préférez les  produits bio. Les critères bio permettent d’exclure une grande partie des composants nocifs. Le site marchand Slow Cosmétique propose des produits de différentes marques avec des étiquettes décryptées de façon très lisible concernant les molécules toxiques.
  • Le do it yourself est très en vogue : fabriquez vos  produits à partir d’ingrédients bio. De nombreux sites et ateliers existent partout en France.

 

Suivez les conseils de mon guide : « Les perturbateurs endocriniens, une bombe à retardement pour nos enfants », qui vous livre, entre autres,  toutes les informations utiles sur les cosmétiques et passe notamment en revue tous les labels bio. Ils ont différents niveaux de certification et toutes ne se valent pas en terme de protection vis à vis des Perturbateurs endocriniens.

 

 Isabelle Doumenc, naturopathe à Issy Les Moulineaux
Autres livres dans le domaine de la santé au naturel :
« Le réflexe médicaments, c’est fini ! », Jouvence 2016
« Les dérèglements de la thyroïde, c’est fini ! » Jouvence 2017