Isabelle Doumenc

L’iode, un micronutriment essentiel

Une carence en iode perturbe : thyroïde, fertilité, cycle féminin, développement du fœtus.
Un bon statut en iode protège la thyroïde de la pollution des perturbateurs endocriniens.

L’iode indispensable à la thyroïde 

L’iode est le précurseur de la synthèse des hormones thyroïdiennes. C’est l’une des matières 1ères essentielles qui permettra la fabrication des hormones thyroïdiennes, l’autre étant la Tyrosine (issue des protéines) et  avec des aides (des cofacteurs) :  sélénium, zinc, vitamine D, fer, omégas 3 etc..) mais sans IODE, il ne se passera rien côté thyroïde. Or, la thyroïde est notre tour de contrôle interne. Elle gère de multiples mécanismes dans notre organisme, impossible de la laisser tomber en panne. Or elle est de plus en plus agressée par les pollutions comme celles issues des perturbateurs endocriniens qui la font souvent tourner au ralenti avec de multiples conséquences pour la santé.

Conséquences sur la fertilité, fausses couches, SPM

La thyroïde a un impact sur le bon déroulement des cycles féminins, de par son rôle sur les cycles hormonaux et donc sur l’ovulation. Carence en iode => cycles irréguliers => difficultés à concevoir => problèmes de fertilité.
Autre impact, la carence en iode augmente les risques de fausse-couche, et ce, indépendamment d’une hypothyroïdie.
La convention des droits de l’enfant de 1989 de l’OMS (= Organisation mondiale de la santé) précise : tout enfant a le droit à un apport iodé adéquat pour assurer son développement normal. Toute mère a le droit à un apport iodé adéquat pour assurer que son enfant à naître aura un développement mental normal.

La carence en iode est aussi à prendre en compte en cas de syndrome pré menstruel : c’est à dire des désagréments pas du tout sympathiques avant les règles et qui peuvent démarrer dès l’ovulation : seins lourds, douloureux, mal au ventre, maux de tête, irritabilité, compulsions alimentaires etc…. Plus de 100 symptômes possibles, je ne vais pas tous les énumérer… Mais sachez que contrairement aux idées reçues, il n’est pas normal d’avoir des SPM.

L’iode protège la thyroïde des perturbateurs endocriniens

Enfin, l’iode est protecteur : il protège la thyroïde de la pollution des perturbateurs endocriniens, ces polluants qui entravent le bon fonctionnement de la thyroïde !  Certaines molécules issues de notre environnement quotidien (alimentation, air intérieur respiré, produits sur la peau) provoquent des perturbations endocriniennes, c’est à dire qu’ils modifient la communication hormonale  et fragilisent ainsi la thyroïde. Ces molécules s’appellent phtalates, mercure, plomb, PCB, retardateurs de flamme bromés …. La littérature scientifique (= les chercheurs) ont montré qu’un bon statut en iode PROTÉGEAIT la thyroïde des actions nocives de ces perturbateurs endocriniens ou à l’inverse qu’une carence en iode exacerbait les effets nocifs des perturbateurs endocriniens sur la thyroïde.

Comment avoir un bon statut en iode ?

Le statut adéquat est de 150 microgrammes pour un adulte, et passe à 250 mcg pour les périodes de grossesse. Un examen permet de vérifier son statut : iodurie urinaire. Cet examen non remboursé coûte 19 €. Je le fais faire au laboratoire de biologie préventive Barbier (installé à Metz et Nancy), vous commandez le kit sur leur site et renvoyez ensuite votre prélèvement, en suivant bien leurs consignes, c’est-à-dire un recueil des urines du matin, qui représentent normalement 12heures d’urines. Ils dosent en même temps la créatinine, ce qui permet de s’assurer que l’apport hydrique a été suffisant pour obtenir un résultat fiable. 
Kit prélèvement du laboratoire Barbier, cochez la case iodurie.

L’interêt de vérifier aussi le sélénium

Le sélénium est un minéral, co-facteur de fonctionnement de la thyroïde mais aussi d’un des systèmes de défenses contre l’oxydation de notre organisme, appelé Glutathion peroxydase (GPX). En augmentant l’apport  d’iode pour compenser une carence, votre organisme va fabriquer plus d’hormones thyroïdiennes. Ce processus implique une plus grande fabrication de radicaux libres contres lesquels agit le GPX. Il faut donc s’assurer d’avoir suffisemment de sélénium afin que l’organisme sache gérer la normalisation de votre fonction thyroïdienne. Le sélénium se vérifie par une prise de sang.
(Tableau en fin de papier sur les apports de sélénium dans l’alimentation).

Quels apports d’iode par l’alimentation ?

Il y a un avant et un après la prise en compte de la pollution des perturbateurs endocriniens. Avant, on recommandait la consommation de 3 poissons gras par semaine pour avoir des apports suffisants en iode et en omégas 3. Malheureusement, compte tenu de la pollution de notre monde et là précisément de celle des poissons gras (ces polluants se stockent plus facilement dans le gras), ces recommandations sont à actualiser. Le mercure contenu dans les poissons gras, s’ajoutent au brome et au cadmium et prennent la place de l’iode, mais aussi du fer ou du cuivre et entravent ainsi le bon fonctionnement thyroïdien.
Les recommandations de consommation de poissons gras sont les suivantes :

Dès le projet de conception pour les femmes comme pour les hommes, pendant toute la grossesse puis l’allaitement,  et pour les personnes ayant une thyroïde fragile : 1 fois par semaine. Et ils sont tous pollués, donc alternez entre sardines, maquereaux, saumon, anchois, hareng, truite fumée. Le thon est à limiter à une fois par mois : 1 steack de thon de 150 g apporte la quantité de mercure à ne pas dépasser par mois pour un adulte.  

Autres sources possibles d’iode : poisson blanc, algues, coquillages etc… les concentrations en iode dans les algues sont très variables, voir la table CIQAL sur le site de l’ANSES. Sélectionnez « constituants » puis iode et vous aurez la liste.

Les molécules qui inhibent la fixation de l’iode

Certaines molécules prennent la place de l’iode comme on vient de le voir (métaux lourds), d’autres inhibent sa captation ou sa fixation. Certaines sont des perturbateurs endocriniens (PCB, phtalates, perchlorates, nitrates (eaux), certains pesticides, lithium), d’autres sont des molécules présentes dans certains aliments, que vous pouvez consommer  mais avec modération, c’est à dire 2 fois par semaine si vous avez une hypothyroïdie :  thyocyanates et glucosinolates, molécules présentes dans les  brocolis, choux rouges, blanc, chou-fleur, kahle, vert, radis, navets, graines de moutarde, et isoflavones soja.

Pour aller plus loin, voir la rubrique MES LIVRES :
 » J’évacue les perturbateurs endocriniens, c’est parti ! » Jouvence 2018,
 » Les dérèglements de la thyroïde, c’est fini! », Jouvence 2018

PODCAST HORIZON, par Léna Champy, qui a réalisé deux épisodes sur les perturbateurs endocriniens en m’interviewant, ICI.

Apports de sélénium par l’alimentation dont les  besoins quotidiens pour un adulte sont de  60 mcg / J, consommer au choix : 3 noix du brésil, 4 huitres moyennes, 100g hareng de l’atlantique, 15 champignons shitakés séchés,  120 g côtelettes de porc cuites, 150g crevettes crue ou cuites, 150g de saumon cuit.