Isabelle Doumenc

Saumon et autres poissons gras, 1 fois par semaine maximum pour les femmes enceintes !

Sources d'omégas 3 indispensables à notre organisme, les poissons gras sont aussi pollués. Combien faut-il en consommer par semaine ? Isabelle Doumenc naturopathe, photo libre de droits, stockvault.net

Saumon, maquereau, anchois, hareng, sardines, les poissons dits « gras » sont d’excellentes sources de protéines, d’acides gras polyinsaturés dits omégas 3 et d’oligo-éléments comme l’iode, le phosphore ou le sélénium. Les protéines et oligo-éléments sont indispensables à notre santé, mais d’autres aliments peuvent nous en procurer : iode et sélénium dans les algues, protéines dans les œufs, viandes, légumineuses, oléagineux, etc.
En revanche, les poissons gras sont la meilleure source d’omégas 3. Ces acides gras participent à une multitude de processus importants dans l’organisme. Toutes les membranes des cellules de notre corps en ont besoin, ainsi que la gaine qui tapisse nos neurones. Ils sont aussi indispensables à notre système cardiovasculaire et inflammatoire. Les poissons nous les apportent sous leur forme finale, appelée EPA et DHA. Certains végétaux contiennent de l’acide alpha–linolénique, précurseur des omégas 3. Mais il faut un processus de conversion pour les transformer, qui dépend des cofacteurs (magnésium, zinc, certaines vitamines B) dont nous sommes très souvent carencés, comme l’ont montré différentes études (étude SU.VI.MAX). L’apport d’omégas 3 à partir de poissons gras est donc la meilleure source.

Un bénéfice nutritionnel à en consommer régulièrement malgré les polluants

La consommation de poisson recommandée (hors grossesse et allaitement) pour avoir les apports d’omégas 3 nécessaires,  est de 2 poissons gras par semaine, en alternant entre les différents poissons car ils sont tous pollués. Leur chair grasse stocke les polluants comme les métaux lourds, les PCB, dioxine ou pesticides. Les dernières études effectuées par l’équipe de l’émission Thalassa et du journal 60 millions de consommateurs en décembre 2016 sur les saumons, montrent que les résidus de polluants trouvés dans la chair des poissons restent inférieures aux limites réglementaires. Le bio est plus pollué que le saumon d’élevage traditionnel. Paradoxe ! oui, car en voulant respecter la chaine alimentaire des poissons, le bio impose plus de nourriture à base de farines ou huiles extraites de poisson. Or toutes les mers étant polluées, cette nourriture l’est aussi. Dans l’élevage conventionnel, les huiles ou farines de poissons  données en moins grande quantité sont filtrées pour supprimer les polluants, ce qui n’est pas encore le cas pour l’élevage Bio, trop peu rentable.  A quand une évolution de la charte bio pour l’élevage du saumon ?

1 fois par semaine pour les femmes enceintes

En période de grossesse, consommez 1 poisson gras par semaine uniquement, pour les apports en omégas 3. Pas plus, car sinon vous risquez de cumuler trop de polluants qui agissent comme des perturbateurs endocriniens et entravent le fonctionnement des hormones thyroïdiennes, essentielles au bon développement cérébral de votre bébé à naître.
Alternez en changeant chaque semaine de poisson : anchois, maquereaux tachetés, sardines, saumon. Prenez-les frais ou surgelés. À exclure : les anguilles, carpes ou brochets, trop pollués. Le thon est autorisé une fois par mois seulement. Allez régulièrement consulter le site de l’ANSES, l’agence de sécurité sanitaire française, pour vérifier les mises à jour concernant les recommandations pour la santé. Pour l’apport d’oméga-3, importants pendant la grossesse pour le bon développement du système cérébral et nerveux du bébé, vous pourrez vous complémenter avec des omégas 3 issus d’huiles de poissons filtrées ( OméNutrics de Bionutrics) ou issus d’algues qui ne stockent pas ces polluants ( Équilibre oméga 3 de Biophénix).

À savoir : diversifiez la provenance des poissons. En évoluant dans des milieux différents, ils ne cumulent pas les mêmes polluants et cela vous protège.

Voir l’étude sur les saumons de l’émission THALASSA, en décembre 2016.

Etude CALIPSO, pollutions des différents poissons de mer.

Commet éviter les pertrubateurs endocriniens pour protéger la santé future de votre bébé ? Suivez mon guide « Perturbateurs endocriniens, une bombe à retardement pour nos enfants », Larousse, mars 2017.

 

 

Isabelle Doumenc, naturopathe  à Issy les Moulineaux, déjà parus : « Le réflexe médicaments, c’est fini ! » Jouvence 2016,
« Les dérèglements de la Thyroïde, c’est fini !« , Jouvence 2017.